Grandes Chroniques
Échanger ou ne pas échanger… là est la question
Jean-Jacques Coulombe
Wednesday, 20 February 2008
Prenons d’abord comme prémisse que les Canadiens de Montréal, aussi bons semblent-ils en ce moment, ne remporteront pas la coupe Stanley cette année. Je les vois difficilement lutter contre les Sénateurs, les Red Wings et surtout, les Ducks. Ils sont jeunes et pas très bien équipés pour le type de compétition en vigueur au printemps.
Dans les circonstances, comment approcher la date limite des transactions cette année? Est-ce que Gainey devrait aller chercher le gros morceau tout de suite, liquider quelques bons joueurs et tenter le tout pour le tout cette année (parce qu’au fond, il faut bien l’admettre, l’équipe joue extrêmement bien), ou bien, demeurer patient. Le centenaire, le moment où tout est supposé se produire, c’est seulement l’an prochain, pas cette année.
J’ai fait une petite recherche des transactions complétées par les dernières équipes qui ont gagné la Coupe Stanley, non pas l’année où ils ont gagné la Coupe, mais la précédente. Voici ce qui en ressort:
Saison 2000-01
Champions : L’Avalanche du Colorado
L’année précédente, ils avaient terminé 4e de leur conférence (en se basant uniquement sur le nombre de points et en oubliant les règles qui stipulent qu’une équipe première de division va nécessairement être mieux classé qu’une équipe de deuxième position). En 1999-2000, l’Avalanche, vous vous en souviendrez peut-être, était allé chercher Raymond Bourque de Boston contre Brian Rolston, Martin Grenier, Samuel Pahlsson et un choix de 1er ronde. Ils avaient aussi acquis Dave Andreychuk dans l’échange. Cette année-là, l’Avalanche avait été éliminé en sept parties en finale de l’Ouest contre Dallas.
Saison 2001-02
Champions : Les Red Wings de Detroit
L’année précédente, ils avaient complété le calendrier 2e dans la conférence, derrière Colorado. Ils n’ont fait aucun changement durant les quelques semaines avant la date limite des échanges. L’équipe est restée intacte. Ils se sont inclinés en première ronde des séries, 4-2 contre les Kings, ce qui avait été une énorme surprise.
Saison 2002-03
Champions : Les Devils du New Jersey
L’année précédente, ils ont terminé 5e dans la conférence de l’Est. Ils avaient par contre été actifs sur le marché des échanges en allant acquérir Joe Nieuwendyk et Jamie Langenbrunner de Dallas contre Jason Arnott, Randy McKay et un choix de première ronde. En séries, ils s’étaient inclinés 4-2 contre les Hurricanes qui étaient sur leur chemin pour se rendre en finale.
Saison 2003-04
Champions : Le Lightning de Tampa Bay
L’année précédente, ils avaient fini 4e dans la conférence. À la date limite des transactions, ils avaient acquis Marc Bergevin de Pittsburgh contre Brian Holzinger.Un échange mineur. Ils ont été vaincus en deuxième ronde des séries en cinq matchs contre les Devils.
Saison 2004-05
LOCKOUT
Saison 2005-06
Champions : Les Hurricanes de la Caroline
On ne peut pas se baser sur cette saison-là puisque que toutes les équipes ont tellement été transformées après la fin du lock-out. Les Hurricanes sont passés de la 11e équipe dans la conférence en 03-04 à 2e en 05-06.
Saison 2006-07
Champions : Les Ducks d’Anaheim
L’année précédente, ils avaient terminé 6e dans la conférence. Ils ont complété deux transactions à la date limite des échanges, non pas pour s’améliorer, mais pour se débarasser de vétérans. Ils ont échangé Sandis Ozolinsh, Keith Carney dans deux différents échanges pour acquérir deux choix au repêchage et Brett Skinner. Ils ont tout de même réussi à se rendre en finale de conférence avant d’être battus par les Oilers en cinq parties.
Que peut-on retenir de tout ça?
D’abord, mis-à-part les Red Wings en 00-01, toutes les équipes, l’année avant leur victoire en finale, étaient dans la même position que le Canadien l’est en ce moment, c’est-à-dire en quatrième et sixième.
Raymond Bourque a été l’étincelle qui a poussée l’Avalanche la saison suivante et Joe Nieuwendyk et Jamie Langenbrunner ont été des membres très importants des Devils dans leur conquête. D’un autre côté, le Lightning y a été d’un échange mineur et les Ducks ont même réduit leurs effectifs. Bref, il n’y a pas de recette gagnante.
Ce qui ressort, par contre, c’est qu’aucune équipe a échangé de jeunes joueurs talentueux pour s’améliorer à court terme, mis à part peut-être Samuel Pahlsson, échangé de l’Avalanche. Bref, ce que tout ceci me dit, c’est que pour rester compétitif et se donner une chance de gagner l’an prochain, on peut se débarasser de Michael Ryder sans problème, ne touchez pas aux jeunes joueurs comme Ryan O’Byrne, Alexei Emelin ou Pavel Valentenko.
D’après les informations qui ressortent dans les médias, c’est que plusieurs équipes demandent au Canadien pour acquérir un Marian Hossa ou un Brad Richards.
En conclusion, si Montréal peut acquérir un bon joueur pour les aider, non seulement cette année, mais surtout, l’an prochain, sans avoir à se départir de bons jeunes joueurs, parfait! Mais si la demande est trop élevée, il faut rester patient et attendre l’an prochain.
Je me demande si ce matin, dans les journaux du Minnesota, il y a un journaliste sportif hystérique (petit clin d’œil à Claude) qui s’insurge que le Wild ait choisi Benoît Pouliot à la place de Carey Price lors de la séance de repêchage de 2005. Vous savez, comme ça se voit souvent ici. C’est tellement facile de dire, 3 ans plus tard, qu’ils auraient dû prendre Price à la place de Pouliot. Histoire de s’inscrire en faux, faisons l’exercice inverse. En excluant Crosby, qui est l’incarnation de l’exception, deux autres équipes ont sélectionné avant le Canadiens des joueurs qui sont toujours dans la Ligue Américaine. Le Wild avec Benoît Pouliot et les Ducks avec Bobby Ryan. Le troisième choix de cet encan, Jack Johnson, débute sa carrière dans la LNH cette année, mais avec une autre équipe que celle qui l’a repêché. Les Hurricanes l’ont effectivement laissé filer dans une transaction débile avec les Kings de Los Angeles. Donc, du côté des Canes, un bon choix de repêchage mais un problème évident de rétention. Et de garder ses joueurs est un facteur important lorsqu’on parle de choix de repêchage.





