Grandes Chroniques
Correspondance 01
Frédéric Lord et Alexandre Coupal
Thursday, 10 April 2008
SFC reprend ici un concept qui a fait la gloire du cahier des sports de La Presse. Deux chroniqueurs échangent une correspondance où ils discutent de la vie sur toile de fond des séries éliminatoires.Â
Montréal, jour 2 des séries
Mon Al,
La voici enfin cette vraie saison. Celle qui nous propulse dans l’immensité de la psychologie sportive.
Ça sera Boston mon vieux. Tu le sais, mais je te le rappelle. Boston comme cette vieille histoire qu’on ne se tanne pas de raconter.
Boston c’est comme Darth Vader, comme Hannibal Lecter, comme Denis Coderre. Boston, c’est notre méchant préféré.
En fait, les Bruins, c’est une partie de nous. C’est l’adversité binaire, la dualité noir/blanc. Si l’équipe de Claude Julien était apparue à la commission Bouchard-Taylor, on aurait trouvé tout à fait normal qu’il parle au « nous ». Bref, il y a quelque chose de rassurant chez le Bruins.
Boston, c’est l’adversaire, mais ce n’est pas nécessairement l’autre.
Bon, ce soir, on fait ça chez vous. Nous prépareras-tu ton classique, le rigatoni gratiné?
Mets la bière au frette. Je m’invente des insultes et j’arrive.
Ton semblable.
Le beau blond.
——————————————————————————————
Montréal, jour 2 des séries
Mon semblable en version blond,
Je ne sais plus à quelle fièvre me vouer. Celle du printemps, celle des séries. La combinaison des deux pourrait être explosive. Qu’à cela ne tienne ; explosons.
Ce bon vieux classique Montréal-Boston. Je partage tout à fait ton point de vue sur les Bruins. Ça fait parti de nous et il y a quelque chose de familiale dans cette relation. De fraternel même. J’ai longtemps pensé que Boston était une ville aux dimensions semblables à Montréal. C’est en fait beaucoup plus petit. On pourrait donc dire que la ville du Massachusetts est le petit frère de notre belle métropole.
On s’y connaît en petit frère tous les deux. As-tu beaucoup tabassé le tien quand vous étiez jeune? Moi oui. Heureusement, aujourd’hui il ne s’en souvient plus du haut de ses 6 pieds trois.
Puisque Boston ne risque pas de poussée de croissance à l’adolescence, je crois bien que le grand frère va continuer de bousculer le petit. Avec le résultat que tu devines.
Rendez-vous chez moi, donc. Pas de rigatoni cette fois. Vois-tu, en vieillissant, j’ai cette désagréable manie de m’embourgeoiser. Saumon fumé peut-être.
Pour ce qui est de la bière, le règlement est le même ; tu touches pas à la mienne.
À ce soir.
Big Al







11 April 2008 à 9:31
Cher Fana,
As-tu regardé la rencontre de hier soir, je sais que tu l’as fait. À mes yeux, il n’y a rien de plus beau que le hockey des séries éliminatoires quand Canadien gagne.
As-tu remarqué que Hammer Lick, Bégin, Lapierre, grosse titstine ont shiné les bandes et baie-vitré de couleur jaune et noir?
As-tu remarqué que mise à part Latendresse, nos patineurs savent bien patiner vite?
As-tu aimé autant que moi l’effort déployé par notre 3ème et 4ème trio lors de toute la rencontre?
As-tu su voir le jeu impécable de notre brigade défensive avec Josh qui se jette devant les tirs du grand slack à Zdeno, avec Streit qui ressemble pas à un suisse moyen, avec Brisebois qui fait arrêté mon coeur moins souvent lorsqu’il prend contrôle de la rondelle?
As-tu aimé la cravate du svelte à Carbonneau.
As-tu entendu la foule jusqu’Ã ton divan.
Ce match a diminué toute animosité que je rescent lorsque je lis ton propos et me fait dire que nous pourrions reprendre celui qui a été annulé par la tempête. Un samedi ou vendredi soir où Canadiens jouera. qu’en penses-tu?
L’ingénieur Velu.
11 April 2008 à 10:32
Cher Velu,
je ne sais pas si c’est les effluves de camaraderies qui se dégagent des textes d’Alex et Fred qui ton attendri, mais voici que je te sens agréable.
Indiscutablement, j’ai regardé ce 1er match de cette série que tous attendaient depuis déjà une grosse semaine. J’ai même participé au cris de joie et d’encouragement que tu entendais jusque dans ton La-Z-Boy…et oui j’y étais. Ah, Montréal quel fantastique ambiance de hockey.
Le Canadiens a joué un match simple, presque sans bévue, du début à la fin. Ils ont montré pourquoi ils ont terminé 1er dans l’Est.
Les bandes ont branlées, les ti-serviette on tournée, Chara s’est fait hué, le centre Bell criait “Thooomas” et tout ça du début à la fin.
C’est avec grand plaisir que je partagerais avec toi une étape de nos glorieux vers la grande danse printanière, et nous, ce sera certainement autour d’un fameux rigatoni gratiné.
Le Fana