Affaires courantes
Entraîneur de gardiens cherche équipe hockey

Frédéric Lord
Thursday, 17 January 2008

lefebvre.jpgAvec la venue des Pingouins de Pittsburgh au Centre Bell ce samedi, on en a profité pour faire un brin de jasette avec l’ancien entraîneur des gardiens de but de l’organisation, Gilles Lefebvre.

Lorsque Michel Therrien devient entraîneur en chef dans la ville de l’acier, il engage l’équipe d’entraîneurs avec qui il travaillait à Wilkes-Barrie, le club-école des manchots. Pour Gilles Lefebvre, cette nomination marque un tournant dans sa carrière :« Je m’en rappelle, c’était le 26 décembre. Tout un cadeau de Noël! ». Entraîneur de gardien de but depuis 1987, c’est la première fois qu’il dirigera à temps plein dans la LNH.

Tout le reste de la saison, il travaille avec les gardiens des Pingouins, Sébastien Caron et Marc-André Fleury. Sur ce dernier, l’enseignant Lefebvre dira qu’il est un des meilleurs athlètes qu’il n’ait jamais rencontré. « Un bon gars qui veut vraiment apprendre. […] Le meilleur « leg recovery »; la meilleure poussée avec les jambières que j’ai vu de ma vie. Marc-André est sûrement un, sinon le gardien le plus rapide du circuit. »

Au cours de l’été, malgré du bon travail, il doit céder sa place à Gilles Meloche, un membre de longue date de l’organisation. Ce dernier est alors fatigué d’être recruteur pour l’équipe de Mario Lemieux.

Néanmoins, Lefebvre ne reste pas trop longtemps sans emploi. Garth Snow, alors nouveau directeur général des Islanders de New York l’engage comme consultant. Il travaille entre autres avec Rick Dipietro « tout un caractère » et surtout Wade Dubielewicz. « C’est grâce à lui que les Islanders ont pu faire les séries l’an passé. Il nous avait aussi fait mal (à Wilkes-Barrie) l’année précédente. Un petit gardien, toujours prêt à apprendre. »

Mais encore une fois, il perdra son poste au profit d’un habitué de l’organisation. Cette fois-ci, c’est à Mike Dunham, ancien gardien réserviste, que l’on confie le rôle d’entraîneur des gardiens avec l’équipe new-yorkaise. Comme quoi, sur l’île, être gardien auxiliaire ouvre toutes les portes!

« C’est pas grave. C’est comme ça que ça marche dans le hockey. » Parce que le tabac, il connaît. En plus d’avoir Å“uvré dans la ligue junior majeure du Québec, notamment pour les Olympiques de Hull où il a remporté la Coupe Mémorial, il fut l’assistant du grand Vladislav Tretiak pendant près de dix ans et entraîneur des gardiens dans les ligues d’élite d’Allemagne et de Russie. « Après la ligue nationale, la ligue de Russie c’est sûrement la meilleure ligue. Là-bas, et en Allemagne aussi, les mises en échec sont solides. La seule différence, c’est les arbitres qui ont moins d’expérience. »

La création d’une ligue européenne qui viendrait compétitionner la planète LNH, il y croit. « C’est certain qu’il n’y a pas assez de grands arénas. En Allemagne, la plus grosse est à Cologne avec 18 500 sièges. Mais c’est vraiment un pays de hockey. C’est sûr qu’il y a le soccer… […] À nos matchs (à Berlin), les deux premières rangées; y’a pas de banc. Les gens chantent, jouent du drum; c’est vraiment une fête. Lorsque l’on a gagné le championnat (ce que son équipe fera deux fois en trois ans), on a visité l’hôtel de ville, on a paradé avec la coupe dans les rues; y’avait beaucoup de monde. »

Début 2008, Gilles Lefebvre se cherche toujours une nouvelle équipe. Les CV ont été envoyés, les contacts se multiplient. Après avoir buché pour en arriver là, après avoir réussi depuis 20 ans, de ligue en ligue, à faire ce qu’il aime, c’est plus difficile de rester à la maison.

« La passion! Quand t’es passionné parce que tu fais, c’est plus facile de communiquer, d’enseigner. Les gars le sentent ça, la passion. » Reste à voir si un autre équipe lui sera sensible.

Ce qu’il pense :

Du début de saison de Marc-André Fleury :
« Il est encore jeune, faut pas oublier ça. Il devra apprendre à relaxer, à être moins anxieux. Il se met peut-être trop de pression cette année. »

De Sidney Crosby:
« Tout un joueur! Bon; une bonne personne en plus. Chaque jour de match, c’était sa superstition : on parlait tous les deux vers trois heures, en mangeant. »

De Roland Melançon de la Sainte-Flanelle :
« Avec lui, le Canadien est en voiture. Un, sinon le meilleur entraîneur des gardiens de la ligue nationale. »

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