Affaires courantes
Point et poing
Alex Coupal
Sunday, 15 October 2006
C’est la larme à la joue que ce chroniqueur était posté devant son téléviseur pour cette grande soirée de première montréalaise. La fébrilité était au rendez-vous, et pour cause, puisque notre édition 2006-2007 nous était officiellement présentée. Joueur, voici ton amateur, amateur je te présente ton joueur. Tout le monde avait des papillons et on a tous passé une pas pire soirée. Le fait saillant de cette cérémonie fût sans contredit l’ovation réservée à Guy Carbonneau, qui a certainement été l’entraîneur le plus chaudement accueilli à travers toute la Ligue Nationale. Only in Montreal, comme ils disent là -bas.
Comme il fallait s’y attendre, un petit québécois de l’équipe adverse allait assurément enfiler un but. C’est toujours comme ça au Centre Bell, surtout dans les soirées fortes en émotions. On attendait Antoine Vermette. On a eu Denis Hamel. Content pour lui. De toute façon, Vermette allait se reprendre un peu plus tard en fusillade pour participer à la victoire des siens. Ce qui fait que le Canadiens n’a toujours pas connu de défaite franche en ce début de calendrier et qu’il a amassé des points à chacune de ses sorties. Demi-bonheur.
Notre corps défensif s’est encore signalé lors de la rencontre. Les experts vont devoir se raviser, le CH est plus que solide à cette position. Komisarek et Niinimaa ont accompli de la solide besogne, surtout en fin de match alors que Rivet et Dandenault sont tombés au combat. Au moment d’écrire ces lignes, aucun détail n’avaient été donné sur leur état de santé. N’empêche, même si Ribeiro a connu une soirée de trois points avec sa nouvelle équipe, l’acquisition de Niinimaa prend tout son sens en ce lendemain de Soirée du Hockey. Parlant de défensive, les unités en désavantage numérique n’ont encore rien accordé à l’adversaire, les frustrant à cinq reprises. Avec comme cerise sur le sundae, le but de Higgy, à court d’un homme en première période. Déjà son deuxième en pareille circonstance. À défaut de sentir la Coupe, ça sent le trophée Selke.
Les troupiers de Guy Carbonneau ont tiré de l’arrière pendant toute la soirée, à cause de deux buts chanceux, n’ayons pas peur de le dire. L’ami Sammy en a profité pour faire monter sa cote en nivellant la marque avec moins de cinq minutes à jouer. Mini-Kovalev a fait honneur à ce sobriquet en y allant d’un bel effort individuel, un peu à la manière de l’Artiste. Il n’en fallait pas plus pour que le match se transporte en prolongation, là où l’on se sent à la maison tellement on y va souvent.
L’issue du match allait se décider en tirs de barrage. Alors que le coach Murray avait décidé de punir ses gros canons offensifs en ne les inscrivant pas sur sa liste, Carbo y est allé avec les mêmes joueurs que d’habitude. Si 75% des matchs sont pour se terminer dans ces circonstances, faudrait peut-être commencer à ébaucher différentes stratégies.
En terminant, il serait difficile de passer sous silence la bataille des épuisés entre Aaron Downey et Chris Neil. Ça faisait déjà un bon moment que les deux hommes forts se serraient dans leurs bras quand les arbitres ont décidé de les laisser donner libre cours à leur talent pugilistique. Tous ceux qui se sont déjà battu à la patinoire savent que ça ne prend pas beaucoup de temps avant d’être à bout de force. Eh bien les deux bagarreurs en étaient déjà à ce point quand ils ont commencé leur danse. Avec une moyenne d’un coup de poing à toutes les quinze secondes, Downey a quand même semblé avoir le dessus.






