Grandes Chroniques
Correspondance 04

Frédéric Lord et Alexandre Coupal
Friday, 25 April 2008

Montréal, jour 15 des séries

Freddy The Lord,

 Ce petit mot a bien failli être le dernier. As-tu eu peur? Ce serait une émotion normale, tu sais. De ce que j’entends, beaucoup de gens l’ont ressenti. Parfois, ça venait des experts, mais aussi, souvent, des vraies gens.

Que les grands connaisseurs de hockey de notre belle métropole angoissent, ça m’a rassuré. Je t’ai fait part du fait que les prédictions ultras positives de nos commentateurs sportifs avant cette série m’inquiétaient. Toutes ces personnes qui habituellement ne prédisent que le contraire de ce qui arrive, et qui voyait le CH balayer les Bruins en quatre… Mais quand ils ont commencé à parler d’une victoire des Bruins, c’est comme si on m’avait enlevé un Tim Fatso Thomas de sur le dos.

Avec un peu de recul, je trouve que cette victoire en 7 matchs du Canadien est la plus belle chose qui pouvait arriver. Dans ma dernière lettre, je faisais référence à un aspect non négligeable de la ténacité des Bruins. La pédagogie. Pas celle du Ministère de l’Éducation. Non. Celle de la vie. Celle des séries. Celles qui dit qu’il va falloir en faire plus pour y arriver. Celle qui récompense les efforts et les sacrifices. Balayer les Bruins n’aurait rien apporté au Tricolore. Mais le peu d’adversité qu’ils ont rencontré, voilà quelque chose qui pourrait s’avérer utile à l’avenir.

Maintenant Daniel Brière et ses Flyers s’en viennent. La boucle de la saga Brière va se boucler de façon plutôt théâtrale. On va enfin savoir si au mois de juillet dernier, il a choisi la meilleure équipe. Quel charmant clin d’œil du destin. Le destin, mon vieux, y a que ça de vrai.

Coupal

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Montréal, jour 15 des séries

Coupy-coup,

T’es vieux réflexes catholiques m’inquiètent. Pas obligé de souffrir pour avoir du succès. Regarde Paris Hilton.

Pour la prochaine : Canadiens en 4 avec une main dans le dos… et n’ait pas peur de cette prédiction. Répète-la , comme un mantra. Encore, encore. Quelques mots et tu seras guéri. 

Le Roi Frédéric 1er

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Radio
Préliminaire de la série vs Philadelphie

Alex Coupal
Thursday, 24 April 2008

micro3.jpgAu menu, un retour sur les Bruins, un avant-goût de ce qui nous attend avec la bande à Dan Brière, un survol des autres confrontations et, comme à l’habitude, quelques folichonneries. Avec Louis Garon et Alex Coupal.

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Affaires courantes
Prédictions de 2e ronde

Jason Cavallaro
Thursday, 24 April 2008

Il me fait grand plaisir de vous donner mes prédictions pour la 2e ronde des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
 
Mais tout d’abord, regardons de plus près mes résultats après la première ronde :
 
Dans l’Ouest, j’ai prédit la bonne équipe 3 fois sur 4, avec le bon nombre de match 2 fois sur les 3 bonnes prédictions.
 
Dans l’Est, j’ai 4 bonnes équipes sur 4, mais 0 en 4 pour le nombre de matchs.  3 fois sur 4, j’avais un match de différence…
 
Merci à tout le monde pour leurs félicitations.

La cravate de Guy Carbonneau a fait du bon travail face aux Bruins dans le 7e match, mais la machine est repartie.  Le Canadien va étourdir la défensive vieillissante des Flyers et les oreilles de Daniel Brière vont encore lui bourdonner dans 6 mois.
Montréal en 6
 
J’avoue avoir de la difficulté à faire un choix dans cette série.  Les Rangers comptent sur beaucoup de vétérans qui ont de l’expérience en séries tels que Gomez, Shanahan, Jagr, Drury et Straka.  Le talent brut versus l’expérience.  Deux mots pour vous : Crosby & Malkin.
Pittsburgh en 7
 
Les Red Wings ont eu énormément de difficultés à vaincre les Prédateurs et l’Avalanche possède une bien meilleure équipe.  La série va se jouer dans les filets avec Jose Theodore et sur l’expérience des Sakic, Forsberg et Foote.
Colorado en 7
 
Les Sharks ont toute une machine de hockey et seront en mesure de brasser une équipe composée principalement de finesse.  Les Thornton, Marleau, Campbell et Nabokov auront le dessus sur les Ribeiro, Richards, Modano et Turco.  Attention cependant aux retours possibles de Zubov et Boucher.
San Jose en 5

Affaires courantes
Partisans de peu de foi

Louis Garon
Wednesday, 23 April 2008

On dit, avec raison, que le Canadien possède les meilleurs fans de la LNH. Cette affirmation a même été confirmée par sondage effectué, auprès des joueurs, par la prestigieuse revue Sports illustrated.

Toutefois, avant la partie décisive, il y en avait plusieurs qui ne donnaient pas cher de la peau de leurs favoris face aux coriaces Bruins de Boston. Les défaites subies lors des 5ième et 6ième parties ont semé plus que le doute dans la tête des « meilleurs partisans au monde ».

Sans le dire ouvertement, par peur de se faire taxer d’infidèles, des disciples de la Flanelle avaient déjà concédé la victoire aux Bruins dans ce septième et décisif match.

Heureusement, cette subite perte de foi, n’a pas eu de conséquences néfastes sur la performance du Canadien, qui s’est comporté comme une équipe de première position en disposant relativement facilement de leur adversaire par la marque de 5-0.

D’aucune manière, le Canadien allait échapper le septième match de cette série devant ses partisans. Comme l’a si bien dit l’entraîneur Guy Carbonneau lors de son point de presse d’après match : « La saison régulière n’aurait aucune signification s’il n’y avait pas d’avantage à finir en première position ».

Peu d’organisations sportives peuvent se vanter de pouvoir compter sur une tradition gagnante aussi riche que celle du Canadien. À quoi bon sert de ressasser les exploits du passé s’ils ne sont pas pour avoir d’impact sur le présent ?

Cette première ronde, plus ardemment disputée que les spécialistes l’avaient prédit, a constitué un excellent test, aussi bien pour les joueurs que pour les partisans.

Les joueurs, comme les fans ont eu à traverser des moments éprouvants au cours de cette série. Leur appui inconditionnel n’est certes pas étranger à la victoire dans le septième match. Par contre, c’est toujours décevant de voir des partisans manquer de foi à l’endroit de son équipe, en particulier dans un moment crucial.

Le personnel d’entraîneurs qui en a vu d’autres, a fait un travail remarquable. Forts de leurs années d’expérience et de succès, Carbonneau, Muller et Jarvis ont su protéger et rassurer leurs joueurs afin qu’ils soient en mesure de livrer une performance à la hauteur des attentes.

S’il y en a un qui a saisi le message, c’est Carey Price. Le gardien tricolore s’est dressé, tel un mur, devant les attaques répétées des Bostonnais. En première, il a bloqué 11 tirs, dont la majorité provenaient de l’enclave. Son arrêt, contre Marco Sturm, sur une descente à deux contre un, a possiblement scellé l’issue du match. Les hommes de Julien étaient soudainement revenus à la case départ, alors qu’ils avaient perdu le premier match, 4-1.

Grandes Chroniques
Correspondance 03, la suite…

Frédéric Lord et Alexandre Coupal
Tuesday, 15 April 2008

Montréal, 7e jour des séries

Bad Boy Fred,

Tes inquiétudes témoignent d’un grand sens du hockey. Tu réussis à merveille à identifier les forces et les faiblesses des équipes en cause dans cette série qui nous passionne. Mais la vie étant ce quelle est, malheureusement rien n’est aussi limpide.

Le Canadiens est l’équipe de la vitesse, les Bruins celle de la robustesse. Rien n’est plus flou. Alors que le Bleu-blanc-rouge domine au niveau des mises en échec, les Oursons sont les premiers sur la rondelle. Confusion.

Il apparaît évident que d’un point de vue stratégique, Claude Julien mène le jeu en ce moment. Il n’y a pas de ressources du côté de Boston. L’effort collectif est basé sur un système défensif et, c’est là, leur seule planche de salut.

Du côté du CH, il y a des ressources. Des défenseurs qui, habituellement, contrôlent la relance et l’attaque. Des attaquants qui convertissent les occasions en buts. D’un point de vue militaire, on pourrait déployer les troupes autrement du côté de Montréal. Sauf qu’il y a du sable dans l’engrenage. Un sable qui pourrait éventuellement être la clé de l’énigme.

Réjouissons-nous! Les Bruins semblent mériter leur place en série. C’est une excellente nouvelle. Je me réserve le soin de t’expliquer le pourquoi du comment dans ma prochaine missive.

D’ici là, n’oublies pas que Carey Price se révèle à chaque jour la brute que l’on espère. Et laisses-toi bercer vers le sommeil en écoutant du Johnny Cash. Moi, c’est ce que je fait.

Salut mon Général.

Colonel Alex

Grandes Chroniques
Correspondance 03

Frédéric Lord et Alexandre Coupal
Tuesday, 15 April 2008

 Montréal, 7ième jour des séries 

Yo Al,

Depuis le premier match de cette série, une chose me turlupine : Canadiens est-il vite ou pas vite? Au cours de la saison régulière, plusieurs tendances se sont succédées. Tantôt, la Flanelle était l’équipe la plus rapide de la planète, tantôt elle n’était pas si rapide que ça, rapport que des gars comme Koivu, Ryder, voire Kovalev ne gagneraient jamais de concours de vitesse.

Depuis le début de la bataille face aux Bostonnais, on parle de rapidité d’exécution. Ben coudons!

Je cause vitesse parce que, à mon humble avis, c’est ce que nos préférées auront besoin lors du quatrième affrontement. Parce qu’au-delà des défenseurs du CH qui se sont retrouvés - pas autant qu’on peut le prétendre-  le nez dans la bande, c’est le jeu des Bruins en zone centrale qui s’est avéré fort efficace. Combien de fois as-tu vu un joueur à Carbo transporter, allègre, le palet en zone neutre comme Guy Lafleur sur l’autoroute de la vie? Et je ne te parle pas des ailiers (A.Kostitsyn et M.Ryder) qui trichent et jouent trop loin de leurs coéquipiers de l’arrière. Oh! Et ai-je mentionné la défensive de Claude Julien qui s’évertue à ne pas donner la ligne bleue, comme on dit en jargon de pseudo spécialiste.

En somme, c’est en vitesse que l’on déjoue cette trappe et… qu’on va cherche la puck plus rapidement chez l’ennemi. Un peu comme moi qui contourne un client brêteux pour s’emparer de quatre canettes, foncer vers la caisse, contourner dangereusement voitures immobilisées pour ne rien rater de la mise au jeu initiale.

Et toi, mon Al, quel sera ton plan de match ce soir?

Fred from the hood

Grandes Chroniques
Correspondance 02

Frédéric Lord et Alexandre Coupal
Saturday, 12 April 2008

Montréal, jour 4 des séries

Mon très cher,

Quand je pense que tu as failli rater les 122 premières secondes du match de jeudi. Tout à fait toi, d’arriver pile à l’heure pour la première mise au jeu. Un savant mélange de désorganisation et de chance. Comment fais-tu? J’ai eu ouï-dire qu’il avait une coiffure blonde qui courrait sur Beaubien vers 19h11. Serait-ce le secret de ton timing?

Tu parles d’un hasard que j’ai parlé de relation fraternel lors de notre dernier échange. Ce n’était en rien une prédiction du départ canon des frères Kostitsyn. Depuis que Petite Titine a rejoint Grosse Titine, on ne peut ignorer la puissance des liens familiaux dans leurs cas. Surtout quand on n’est loin de chez soi comme ils le sont. As-tu déjà visité la Biélorussie? C’est une terre remplie de réponses.

Puisque quand tu m’accompagnes, je sombre dans l’excès, je prendrai une pause de toi ce soir. Pour cause de boulot. Je veux être au top, pour surfer sur l’électricité qui déferle sur la ville. Ce n’est que parti remise au lendemain. Je ne refuserai pas une invitation dans ton domaine. Tu n’as qu’à la lancer. Et tel le sournois que je suis, quand tu ouvriras la porte, tu me trouvera… avec toute ma famille.

N’arrête jamais de courir.

Biggie

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Montréal, quatrième jour des séries

Biggie Boy,

Tout s’est passé si vite. Je peine à me rappeler le match dans son ensemble. À lire et entendre le commentateur sportif, toute l’équipe a joué comme Héraclès en route vers Thèbes.

Bien vu, vieux, pour les Titines. Semble d’ailleurs se créer une fascination pour les deux frères. D’abord, tout le monde capote sur Serge, le p’tit dernier. D’autres, comme Émile sur son blog, croient fermement qu’Andrei récoltera, un jour ou l’autre, 100 points.

N’empêche. Sont différents les Tits. J’imagine que c’est comme ça dans chaque fratrie. Ton frère et toi, z’êtes assez différents, n’est-ce pas?

Pour ce soir, c’est bon. Préserve-toi, les séries pourraient bien être longues et minatoires. Dimanche, jour du seigneur, je ferai mieux que t’inviter chez moi. Je réserve dans un boui-boui tout près. On pourra faire connaissance avec de nouveaux partisans/amis. Veux-tu que je t’apporte du Purex? À taper dans les mains de tant d’inconnus, on en vient à se surprendre d’avoir tant en commun.

Ton Freddy

P.S. Jeudi dernier, c’est à toi que je courais, mon ami…

Radio, Affaires courantes
Mathias Brunet à ÀBS

Frédéric Lord
Saturday, 12 April 2008

Ce mercredi marquait le retour à l’émission À Bout de Souffle de Mathias Brunet. En compagnie de Frédéric Lord, le journaliste à La Presse s’est entretenu du début des séries dans la conférence de l’ouest de la LNH.

On aborde aussi les différents scoop qu’il a obtenu ces dernières années et la réactions du grand Montréal face à ceux-ci.

À Bout de Souffle est diffusé le vendredi, 18h00, sur les ondes de CIBL Radio-Montréal, 101,5 FM.

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Affaires courantes
Un petit jeu pour les séries

Frédéric Lord
Friday, 11 April 2008

Trouvé sur internet: jouez à kick Chris Pronger. Mon record? 101 566M

Quelqu’un peut faire de même pour Zdeno Chara?

Grandes Chroniques
Correspondance 01

Frédéric Lord et Alexandre Coupal
Thursday, 10 April 2008

SFC reprend ici un concept qui a fait la gloire du cahier des sports de La Presse. Deux chroniqueurs échangent une correspondance où ils discutent de la vie sur toile de fond des séries éliminatoires. 

Montréal, jour 2 des séries

Mon Al,

La voici enfin cette vraie saison. Celle qui nous propulse dans l’immensité de la psychologie sportive.

Ça sera Boston mon vieux. Tu le sais, mais je te le rappelle. Boston comme cette vieille histoire qu’on ne se tanne pas de raconter.

Boston c’est comme Darth Vader, comme Hannibal Lecter, comme Denis Coderre. Boston, c’est notre méchant préféré.

En fait, les Bruins, c’est une partie de nous. C’est l’adversité binaire, la dualité noir/blanc. Si l’équipe de Claude Julien était apparue à la commission Bouchard-Taylor, on aurait trouvé tout à fait normal qu’il parle au « nous ». Bref, il y a quelque chose de rassurant chez le Bruins.

Boston, c’est l’adversaire, mais ce n’est pas nécessairement l’autre.

Bon, ce soir, on fait ça chez vous. Nous prépareras-tu ton classique, le rigatoni gratiné?
Mets la bière au frette. Je m’invente des insultes et j’arrive.

Ton semblable.

Le beau blond.

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Montréal, jour 2 des séries

Mon semblable en version blond,

Je ne sais plus à quelle fièvre me vouer. Celle du printemps, celle des séries. La combinaison des deux pourrait être explosive. Qu’à cela ne tienne ; explosons.

Ce bon vieux classique Montréal-Boston. Je partage tout à fait ton point de vue sur les Bruins. Ça fait parti de nous et il y a quelque chose de familiale dans cette relation. De fraternel même. J’ai longtemps pensé que Boston était une ville aux dimensions semblables à Montréal. C’est en fait beaucoup plus petit. On pourrait donc dire que la ville du Massachusetts est le petit frère de notre belle métropole.

On s’y connaît en petit frère tous les deux. As-tu beaucoup tabassé le tien quand vous étiez jeune? Moi oui. Heureusement, aujourd’hui il ne s’en souvient plus du haut de ses 6 pieds trois.

Puisque Boston ne risque pas de poussée de croissance à l’adolescence, je crois bien que le grand frère va continuer de bousculer le petit. Avec le résultat que tu devines.

Rendez-vous chez moi, donc. Pas de rigatoni cette fois. Vois-tu, en vieillissant, j’ai cette désagréable manie de m’embourgeoiser. Saumon fumé peut-être.

Pour ce qui est de la bière, le règlement est le même ; tu touches pas à la mienne.

À ce soir.

Big Al